OTAGES ET CONSÉQUENCES.

Publié le par NEOAFRICAIN

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J’ai déjà eu l’occasion dans d’autres posts, de regretter la part trop importante que prennent les otages occidentaux dans les relations internationales d’aujourd’hui.

Surtout quand pour apaiser l’humeur de sa propre population, des états démocratiques acceptent de traiter avec les régimes les plus repoussants afin d'obtenir la libération de leurs otages.  Bien entendu, chaque cas est différent. De façon générale, je m’associe moi aussi  à la douleur des proches et suis particulièrement sensible sur ce sujet quand ce sont des femmes qui sont l’objet de ravisseurs. Surtout quand les terroristes utilisent (comme ils savent le faire) des vidéos pour émouvoir le plus grand nombre. La logique du terroriste est assez simple ; il ne pose ses actes qu’en fonction de la terreur qu’il infligera à son ennemi et en espérant se nourrir de cette terreur pour faire avancer sa cause. Retenons que souvent les terroristes réagissent comme des vulgaires voyous de banlieues qui se réjouissent de voir dans les éditions télés du soir, le bus qu’ils ont brûlé dans la journée.  Conscient de cela, les démocraties devraient d’abord limiter toute médiatisation excessive de ces rapts. Si une personne est enlevée, hormis sa famille, seules les autorités compétentes devraient traiter le sujet. Il faudrait que les médias aient ce réflexe déontologique de ne pas trop interférer dans la nécessaire discussion avec les ravisseurs. Ensuite, il faudrait aussi éviter d’envoyer au front ou dans des zones trop dangereuses, des éléments dont le rapt serait trop insupportable et conduirait à des concessions disproportionnées.

J’en viens donc à cette jeune Clotilde REISS qui a été libérée il y a quelques jours alors qu’elle était détenue à Téhéran depuis le 1er juillet 2009. C’était la période où le régime des Ayatollahs était secoué par des manifestations de dizaines de milliers d’iraniens réfutant le résultat des élections électorales. Une fois encore, le nouveau pouvoir américain s’était ridiculisé par son attitude coupable en n'apportant pas de soutien (même moral) aux manifestants. Obama s’était contenté de dire que les USA étaient mal placés pour donner des leçons aux Iraniens…. Il fut un temps où les USA se considéraient en droit de défendre ceux qui risquaient leur vie pour leur liberté !

Revenons à cette jeune Française dont tout le monde devrait se réjouir de la libération. Il faut condamner ce sous-directeur de la DGSE (services spéciaux français) qui quelques heures à peine après cette libération a prétendu publiquement qu’elle était un agent des services français. Je ne me prononce pas sur son appartenance ou non « aux services », il ne faut pas être naïf, tout est possible. Je me contenterai de dire que rares doivent être les services qui enverraient une jeune fille de 23ans sur un théâtre aussi dangereux que l’Iran. Mais rien ne justifie l'affirmation de ce haut cadre à la retraite qui jette en pâture le nom et la vie d’une jeune femme. Il mériterait d’être traduit en justice comme le suggère Claude MONIQUET dans son excellent article. Cet espion raté me fait penser à Robert BAER, ex-agent de la CIA qui lui aussi, en habitué des plateaux de télévision, se plaît à révéler tous les secrets ou les prétendus secrets de son ancienne agence. Quelle ignominie !

Enfin, c’était le début de mon propos, on peut supposer que la France a fait des concessions à l’Iran. La concordance des temps est très suspecte entre la libération de Clotilde REISS et la mise en liberté de l’assassin du dernier Premier Ministre du Shah d’Iran qui lui sortira demain de prison. Et comme il n’y a quasi jamais de hasard à ce niveau, on peut supposer l’innommable… La France ne s’honore pas si elle conduit ce genre de marchandages. Non seulement elle perd son honneur face à la mémoire d’un homme politique étranger, tué en France alors qu’il croyait y trouver refuge ; mais de plus elle consolide la propagande d’un des pires régimes de notre temps.

Hormis le retour de Clotilde REISS en France, finalement, le seul point à retenir de cette histoire dégoûtante est la énième confirmation de ce qu’est le régime des Ayatollahs. Meurtrier et dangereux. Si l'on se couche devant un régime qui enlève des jeunes filles, que ferons-nous quand il aura la bombe nucléaire?

Publié dans SECURITE-GUERRE

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