JUSTICE, PAIX ET DEVELOPPEMENT

Publié le par NEOAFRICAIN

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La décision du Président de la République de Côte d’Ivoire, Mr GBABO, de dissoudre le gouvernement et la commission électorale, suscite des troubles dans tout le pays et rappelle la guerre civile qui a sévit de 2002 à 2007. L’opposition politique a quant à elle décidé de ne plus reconnaitre ce Président.

Cette décision est en fait un coup d’arrêt donné au processus électoral que la Commission était chargée d’organiser alors qu’elles ont été sans cesse reportées depuis 2005…

Le problème principal pour les Chefs d’Etats et leurs partisans ; c’est qu’en Afrique, on ne conçoit pas la vie dans l’opposition politique. Toutes les grandes décisions économiques, sociales et politiques sont prises par les gens au pouvoir. Même si certains d’entre eux comprennent qu’il est inutile et dangereux de s’accrocher au pouvoir en toute illégalité et contre l’avis de la majorité de ka population ; leurs familles, leurs réseaux (sur place ou internationaux) les encouragent toujours à se maintenir.

Il faut donc réfléchir à un statut particulier à octroyer à un ancien Chef d’Etat. ; ca aiderait à résoudre ce genre de situations.

Mais il aussi des cas (hélas trop nombreux) dans lesquels les Potentats méritent d’être traduits en justice pour les actes posés durant leur présidence. Et c’est là où, paradoxalement, ça peut se compliquer.

Face à l’inefficacité des appareils judiciaires nationaux, la Justice internationale  s’ingère de plus en plus régulièrement dans ces pays africains. On notera les Cours pénales pour le Rwanda, pour le Congo, pour l’Ouganda, pour le Soudan, etc. Tout ceci relève d’un bon sentiment, mais on constate que cette envie de Justice peut s’opposer à l’instauration de la Paix civile. Les Présidents qui savent qu’ils seront jugés à la fin de leurs mandats, ont bien entendu tendance à s’accrocher au pouvoir ; quitte à mourir en fonction. Et comme dans les différents conflits qui ont ensanglanté le continent, il est très difficile de savoir qui du gouvernement, des rebelles ou des différents mercenaires a perpétré le plus de crimes ; on se dit souvent que la Cour Pénale Internationale ou les différents Tribunaux spéciaux décident sur des bases politiques.

Nombre de mes amis rwandais voudraient que l’actuel Président soit lui aussi juger ; il en est de même pour les Congolais et les Ougandais que je rencontre.

Mais pour moi, le cas le plus flagrant est celui du Président MUGABE du Zimbabwe qui mérite largement sa place dans un tribunal pour les crimes commis contre ses compatriotes et contre son pays. Mais le fait que ce tyran est convaincu de ce qui l’attend l’a poussé à tous les excès. Et par dépit, l’opposition politique a accepté de s’engager avec lui dans un gouvernement d’union nationale. Donc, si aujourd’hui une Cour internationale inculpait MUGABE pour ses actes de terreur et pour ses crimes économiques, on aurait la surprise de voir des membres de son opposition politique s’opposer pour raison de « paix intérieur ».

On le voit, Paix et Justice peuvent hélas, prendre des voies divergentes.

Mais tout ceci ne serait que de la théorie si entre-temps les populations ne mourraient pas par manque de développement !

L’alternance politique, comme tout principe de concurrence, est bénéfique pour tout pays car elle permet de comparer les qualités et les défauts des régimes qui se succèdent. On peut donc dire avec certitude que tant que ces problèmes de succession, de transition ne seront pas réglées ; il n’y aura ni justice, ni paix et bien-sûr ni développement dans beaucoup de pays africains !

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