ADIEU AFGHANISTAN!

Publié le par NEOAFRICAIN

 

Mon titre pourrait faire penser à celui d’un énième épisode du SAS de Gérard de Villiers, mais il caractérise surtout l’état d’esprit des grands décideurs de notre temps.

A l’approche des échéances électorales de 2012, la France et les USA souhaitent apaiser leurs populations littéralement épuisées par un conflit commencé il y a quasi 10 ans. Conflit dans lequel la France a déjà perdu plus de 60 de ses militaires et les USA plus de 1.600. La crise financière aussi est passée par là ; les budgets militaires se contractent, d’autres impératifs plus concrets et plus immédiats, prennent le dessus sur les grands idéaux de Liberté dans le monde. On ne veut plus entendre parler de prise d’otages, de bavures sur des civils. Argument supplémentaire, la corruption inacceptable du pouvoir afghan d’Hamid KARZAÏ peut décourager tous ceux qui ont investi des milliards dans ce pays.

Tout ceci est compréhensible sur le plan factuel, mais on attend de nos leaders qu’ils dépassent cet horizon.

Comme le Sénateur américain McCain vient de le rappeler, les militaires présents sur le terrain craignent les retraits massifs annoncés ; et les spécialistes de la région voient un risque accru de guerre civile qui pourrait emporter le gouvernement pro-occidental de Kaboul.

Mais surtout : l’objectif a-t-il été atteint ?

La guerre en Afghanistan a été déclarée pour chasser du pouvoir le régime islamiste des Talibans, principalement parce que celui-ci avait soutenu et protégé ceux qui avaient organisé les attentats du 11 septembre 2001. Les mêmes causes produisant les mêmes effets ; ne pensons-nous pas que le risque demeure ? Certes, il y a eu des avancées majeures depuis le lancement de « l’OPERATION ENDURING FREEDOM ». Les Talibans ne sont plus au pouvoir, Oussama Ben Laden a été exécuté et un régime pro-occidental modéré est aux affaires. Mais tout ceci est tellement fragile. L’idéologie islamiste est toujours très présente sur le terrain, de nombreux Occidentaux convertis à cette forme extrême de l’Islam continue à se rallier à cette cause. Il suffirait de baisser un peu la garde comme on vient de le décider pour que l’Enfer revienne au grand jour dans cette partie du monde. Et l’Histoire, avec ses lots d’horreur, se répètera.

A relire les propos que le Commandant Massoud a prononcés au Parlement européen il y a 10 ans, je me dis qu’une des plus grandes fautes qu’un homme politique peut commettre, c’est de ne pas retenir les leçons de l’Histoire. Le célèbre « Lion du Panshir » dénonçait dans son pays "l’existence d’un système politique qui, au nom d’un islam dévoyé, nie les droits les plus élémentaires à la personne humaine" (…) "régime qui, en raison de son fanatisme, est une menace pour la société internationale". A l’heure où la négociation avec les Talibans semble être la voie privilégiée, il est salutaire de se souvenir de cette tragique prophétie !

Je crains qu’en quittant l’Afghanistan dans ces conditions, on n’abandonne tout un peuple aux griffes des « fous de Dieu », et que l’on sacrifie une partie substantielle de notre sécurité future.

 

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