UN MEGA-DEUIL EN FRANCE

Publié le par NEOAFRICAIN

 

Depuis l’épouvantable attentat de ce mercredi 7 janvier perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo, la majorité des Français est sonnée, marquée, hébétée. L’assassinat de l’agent de la Police Municipale le lendemain, et la prise d’otage du vendredi dans le magasin « Hyper Casher » avec ces 4 morts, auront achevé d’assombrir cette semaine. En résumé, on peut dire que la France est en deuil. Les actuels gouvernants l’ont compris, et ils ont habilement choisi d’accompagner les Français dans leur émotion, à coups de slogans racoleurs et de réunions pleines de bons sentiments. L’idée de « marche républicaine » a germé dans le chef des responsables du Parti Socialiste quelques heures à peine après le massacre des caricaturistes. Quasiment un aveu de l’incapacité de ce mouvement politique qui bien qu’elle détienne tout le pouvoir exécutif depuis presque trois ans, a été incapable de percevoir l’évidence du risque islamiste.

On pourrait même se poser des questions sur leur responsabilité (PAS DIRECTE bien-sûr, car celle-ci incombe uniquement aux 3 terroristes abattus), mais responsabilité politique en minimisant le danger islamiste dont le discours avait pignon sur rue… ; responsabilité judiciaire en ayant permis la libération anticipée de certains terroristes qui s’ils avaient purgé entièrement leur peine seraient encore en prison à cette heure ; et responsabilité des services de sécurité qui avaient à la fois relâché la surveillance de ces terroristes (pourtant catalogués dans les listes d’individus les plus dangereux), et assoupli les mesures de protection autour de Charlie Hebdo. On peut aussi se poser des questions sur l’incapacité de l’Etat français à protéger la communauté juive de France, malgré les chiffres exorbitants des Français de confession juive qui ont décidé d’émigrer en Israël.

De tout ceci, je reviendrai plus tard cette semaine.

Mon propos de ce soir porte essentiellement sur cette « marche républicaine » dont l’idée a fini par s’imposer dans tous les milieux, en commençant par les élites politiques et diplomatiques.

Disons-le tout de suite, j’avais choisi de ne pas participer à cette manifestation. Le risque terroriste était bien réel, surtout avec tant de Chefs d’Etats et de Gouvernements ; il y a confusion sémantique, cyniquement entretenue par le pouvoir, entre besoin d’union républicaine  de la population pour « sauver la France en protégeant sa cohésion et assurer sa sécurité », et une hypothétique union des Français (et pourquoi pas du monde) autour d’un François Hollande qui aurait quitté le casque de moto qu’il arborait quand il faisait le mur à l’Elysée, pour un costume de « « père » » de la Nation capable d’organiser la victoire face au terrorisme islamiste. Cette dernière idée, bien que portée par un certain nombre de médias (dont certains vont jusqu’à féliciter le « courage » de l’actuel Président de la République, comme s’il avait du lui-même faire face aux balles des terroristes…), est totalement folle.

Mais le succès indéniable, en terme de nombre de manifestants et (OUF !) au vu du peu d’incidents, de la « marche républicaine » de ce dimanche 11 janvier me fait surtout penser aux deuils tels que nous le vivons dans les pays du Sud. En effet, quand il y a morts d’hommes, et surtout mort brutale, il est de coutume dans plusieurs sociétés de se réunir en nombre pour quelque part conjurer le malheur qui vient de frapper.

C’est ainsi que fort de mon regard d’africain, j’ai retrouvé les mêmes codes dans le rassemblement inédit de ce jour. Les terroristes, par la brutalité de leurs actes et par le choix de leurs victimes, ont frappé fortement les esprits. Et dans un reflexe de défense psychologique tout à fait compréhensible, les peuples de France a choisi de se réunir pour dire « nous n’avons pas peur ». Hélas, je n’en crois rien. La peur est présente et avec raison. Car ne pas craindre les quelques centaines (chiffre officiel) d’Islamistes qui « sommeillent » en France serait faire preuve d’inconscience ou même de bêtise. Et le plus dangereux, c’est la présence de certains Gouvernants, en commençant on l’aura compris par le français, qui eux aussi, craignant d’être débordés par leur population hystérisée ou d’être balayés politiquement à cause de leur incompétence.

Mais il y avait aussi d’autres cas : Le 1er Ministre israélien venu légitimer sa politique intérieure ultra-sécuritaire ; d’autres (le Turc, le Tchadien, etc..) venus redorer leur blason ; et plus grave, ceux comme certains arabes venus cyniquement alors que leur responsabilité est indirecte est clairement engagée.

Tout ceci est grave, mais aussi secondaire face à l’aspect historique des différents rassemblements à Paris et en province. Même s’il était notable que beaucoup de « minorités visibles » étaient moins représentées que lors d’autres manifestations. J’en veux pour preuve les regrettables manifestations qui eurent lieu pendant le conflit israélo-palestinien de l’été 2014.

Retenons donc que ce dimanche des centaines et des centaines de milliers de gens se sont réunies pour pleurer la mort des innocents, pour compatir avec les familles des victimes et pour conjurer cette peur qui désormais est bien présente dans tous les territoires de France.

Mais souhaitons aussi que pour faire à cette immense montagne, que les jours à venir n’accouche pas d’une souris politicienne. Car pour rendre justice aux victimes, il FAUT que toutes les mesures soient prises pour réellement faire la guerre au terrorisme islamiste.

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