SENAT: LOURDE DEFAITE, LOURDES CONSEQUENCES

Publié le par NEOAFRICAIN

Les élections sénatoriales ont donné hier un verdict surprenant pour tous les observateurs. Tant la Gauche que le Centre et la Droite ont été surpris. Le Parti socialiste et ses amis politiques ont remporté une grande victoire en obtenant la majorité absolue dans la haute Assemblée.

Pour la Gauche, tout est simple : le climat politique actuel justifie tout. C’est vrai que la « Sarkozie » traverse des graves turbulences. Les affaires qui sortent de partout (financement politique venu d’Afrique, campagne de Balladur en 1995,..) ; les primaires socialistes qui donnent une image positive des candidats socialistes et qui risquent de placer en orbite celui qui remportera ces primaires ; et la réticence des électeurs français à soutenir les profondes réformes lancées par le Gouvernement pour faire face à la crise.

Mais les choses ne sont pas aussi simples.

D’abord, soyons sincères. Ca ne me plaît pas de l’écrire. Mais la logique démocratique veut que la gauche remporte les élections de 2017. L’alternance politique semble inévitable. La Droite n’a plus perdu d’élections présidentielles depuis 1995, et n’a plus perdu de législatives depuis 2002. Les Français, qui adorent couper les têtes de leurs Gouvernants, se feraient plaisir en remplaçant la majorité actuelle. Le « besoin » d’alternance est une des raisons de la défaite d’hier.

Deuxième explication objective : être divisés est la meilleure façon de perdre des élections. Déjà en 1981, c’est la guerre ouverte entre Giscard et Chirac qui a permis au seul Président Socialiste d’être élu depuis 1958. Hélas, la Droite et le Centre ont réamorcé cette machine à perdre… Il y a eu des dissidences fortes dans le camp de la majorité présidentielle. Les réformes sont mal vécues par les Français, et certains dans le camp présidentiel choisissent de surfer sur la vague. Aujourd’hui l’UMP de Sarkozy reste le premier groupe politique au Sénat. Sa défaite d’hier est essentiellement due aux quelques sénateurs perdus dans des bastions de droite. Le Centre anti-Sarkozy, Le Centre pro-Sarkozy, La Droite gaulliste qui se sent orpheline, la droite libérale qui se sent discréditée, la Droite populaire trop peu écoutée, la droite tentée par l’extrême droite,… toutes ces chapelles ne regardent plus dans la même direction, et c’est la Gauche qui sent rien faire récolte les fruits électoraux.

Mais la messe n’est pas dite. Certes, Sarkozy et sa majorité mériteraient la plus belle médaille s’ils arrivent à remporter les élections présidentielles et législatives de 2012. Mais une telle victoire ne peut pas être exclue. Malgré les mauvaises nouvelles du moment, elle est encore possible ! Quand on regarde la réaction des Français sur les grands débats politiques comme la sécurité, la gestion des finances publiques, l’immigration, le rôle de la France dans le monde, l’économie de marché, la problématique des retraites,… on constate que la France est en majorité au centre-droit. Les thèses les plus gauchistes ne sont pas populaires. En plus, le candidat Sarkozy, j’en fais le pari, est plus crédible que ses adversaires quand il s’agit de savoir qui représentera au mieux la France dans ses attributs les plus régaliens. Je ne vois personne à Gauche, au Centre ou à l’extrême droite qui en a l’étoffe.

Si l’on ne veut pas que la France coure le risque d’être gérée par des Socialistes, des Ecologiques et des anciens communistes ; il est grand temps que les responsables allant du centre à la droite populaire s’entendent sur un projet politique commun qui permettrait de créer la surprise en 2012.

La lourde défaite d’hier impose des lourdes conséquences sur la stratégie. C’est le sort de la France qui est en jeu.

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