SEJOUR EN AFRIQUE

Publié le par NEOAFRICAIN

CONTINENT NOIR

 

Chers amis, je reviens d’un long séjour de plusieurs semaines en Afrique centrale, terre de mes ancêtres, et je suis fier de mes racines. Je m’y rends régulièrement ; mais cette fois-ci, j’ai tenu à relever quelques sujets qui marquent quand on se rend dans une grande ville sur le "Continent noir". Intéressant de constater les différences culturelles

 

1.    DIFFICULTES POUR INTERNET : on ne réalise pas assez la facilité que l’on a à surfer quand on vit en Europe. Là-bas, les meilleures connexions sont extrêmement lentes. Je ne parle même pas d’ouvrir ou de télécharger des pièces jointes. Ca peut paraître anecdotique, mais ça vous fait perdre un temps interminable. Bien-sûr, la population en général ne s’en soucie guère. Elle se rue dans les cybercafés qui pullulent, malgré le manque d’hygiène de confidentialité et le coût élevé pour le service rendu.

2.    ABSENCE DE SILENCE : Difficile de s’isoler pour lire un bon livre, pour écouter de la musique, ou pour simplement admirer le paysage dans un certain calme. Les bruits sont partout, les gens vous sollicitent partout, sur les lieux de travail, bien-sûr, mais aussi à domicile ou durant vos loisirs. Et même, on ne comprend pas bien le besoin de cultiver une forme de solitude.

3.    OMNIPRESENCE DE LA FAMILLE : Je suis moi-même très proche de ma famille, mais je dois constater que son omniprésence dessert souvent l’efficacité pour le business. Que de temps passé en discussions souvent longues et vaines, que  d’énergie et de moyens accordés pour assister la famille. Bien-sûr, on a le devoir de le faire en fonction de ses possibilités ; mais souvent ça devient de l’assistanat qui est contre-productif pour tous.

4.    RESIGNATION : quand je pense aux nombreux (et très souvent excessifs) mouvements sociaux en Europe, pour le pouvoir d’achat, pour quelques licenciements, pour une loi jugée liberticide, etc. On ne peut que s’étonner de ce fatalisme africain qui fait que malgré tout ce qu’ils vivent. Eux qui sont confrontés à la pauvreté extrême, au manque d’infrastructures, aux coupures d’électricité, à l’eau qui n’est pas potable, aux privations de libertés politiques, économiques, etc. Parce qu’il faut le dire, toutes ces maladies, tout ce manque d’hygiène, toute cette insécurité sont intolérables

5.    MORALE D’ACIER ; je reste admiratif de leur courage face à l’adversité. Habitués que nous sommes par nos vies confortables ici,  on ne pourrait supporter une journée dans la peau d’un citoyen africain lambda. Au vu de la vague de suicides qui sévi en France parmi les employés de France TELECOM pour cause de « conditions de travail insupportables », je ne peux imaginer le nombre de suicides qui se produiraient en Afrique, ils n’avaient pas ce moral d’acier ou même cette philosophie de vie.

6.    INFLUENCE DE LA DIASPORA : les Africains d’Europe ou d’ailleurs qui ont choisi le retour dans leur pays d’origine jouent dans leur ensemble un rôle positif. Ils amènent avec eux une vision qui permet de moderniser la société. Parfois, je trouve même qu’ils ne s’impliquent pas assez, qu’ils acceptent trop le fait accompli, pourvu que leurs propres affaires s’améliorent. C’est en partie vrai. Ils profitent de ce que quand on a la chance de voyager avec facilité entre l’Afrique et en Europe, on devient un héros local. Ca change totalement de la vie en Europe où en général un Africain d’origine passe pour un second couteau. Là-bas on s’y sent responsable, on est écouté. Il y a moins de contrainte légale, il ya toujours moyen de s’arranger pour les factures ou pour tous les paiements. Mais dans la majorité des cas, c’est peut-être la meilleure façon pour l’Afrique de se développer ; à la condition qu’elle arrive à concilier les techniques et les aspects positifs que la Diaspora peut lui apporter avec les valeurs ancestrales positives qu’elle a su préserver.

 

En conclusion, je dirais malgré tout et tout bien pesé, qu’on est vraiment bien chez soi ! Sans faire de la philosophie superficielle, je me dis que tout est fait pour vivre à court terme en Afrique. Quand on côtoie sans cesse la pauvreté, les malades, les problèmes en tout genre ; on a cette envie de vivre qui vous prend. C’est peut-être pour ça qu’il y a cette difficulté d’envisager et de planifier l’avenir sur plusieurs années. C’est vrai qu’on vit dans une forme d’allégresse un peu trompeuse. Mais tout de même, le rythme du pays, son climat, la sensation de pouvoir influencer le cours de la vie ; tout ça vous rend responsable et c’est très agréable. A l’heure où la plupart des pays d’Europe vieillissent, l’Afrique offre de nombreuses possibilités à tous ceux qui veulent s’y investir et c’est le genre de challenge qui doit réjouir tous ceux qui ont de l’amour pour cette belle terre…

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