RETOUR SUR UN SOMMET.

Publié le par NEOAFRICAIN

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J’ai pris mon temps pour pondre cette petite réflexion sur le sommet de Nice, baptisée « Afrique-France », du nom de ce sommet qui s’est tenu à sur la côte d’azur, dans la belle ville de Nice et qui a réuni des dizaines de chefs d’Etats et de gouvernements africains autour du Président français.

Mais c’est aussi l’occasion d’épingler une nouvelle fois l’incohérence de mes frères africains. Ils se sont plaints du langage direct de Sarkozy quand il est arrivé au pouvoir et qu’il a évoqué les « bienfaits de la Colonisation » et qu’il a décidé de désengager progressivement la France du continent noir (notamment en fermant des bases militaires), mettant ainsi fin à cette « France- Afrique » tant décriée parce que porteuse d’images de corruption, de néocolonialisme, et de dictatures. Ils se sont plaints, regrettant déjà Chirac, considéré comme le meilleur ami des Africains., qui lui savait respecter la mentalité des Chefs d’Etats et comprendre les us et coutumes africaines

Aujourd’hui que Sarkozy a tissé des liens personnels importants avec chacun d’entre eux et qui les invite personnellement, on crie au néocolonialisme, on accuse la France de sacrifier ses valeurs sur l’autel de l’argent sale, de soutenir des dictateurs,...

A mon avis, la vérité se trouve entre ces deux extrêmes.

Il est bon que Sarkozy invite les représentants des pays africains qui apr ès tout ne brillent pas par leur grand dynamisme diplomatique. Ce genre de sommet, c’est aussi pour l’Afrique le moyen de servir de la France (qui bien-sûr se servira aussi au passage) pour obtenir d’elle un soutien pour tel crédit (on parle de plusieurs milliards de dollars pour soutenir des projets « verts » sur le Continent) ou plus de représentation dans les institutions internationales (comme au Conseil de Sécurité de l’ONU par exemple). Cet un échange gagnant-gagnant. L’Afrique a un porte parole de luxe, et la France peut se targuer de grande diplomatie et profiter des voix de l’Afrique à l’ONU.

Là où je reste plus sceptique, c’est que comme je l’ai déjà écrit dans ce blog, je ne pense pas que l’Afrique elle-même se reconnaît dans ses dirigeants d’aujourd’hui. Je ne vois pas ce que l’Afrique qui se modernise, qui veut gagner sa part de la mondialisation des échanges économiques, qui veut évoluer comme le monde, a avoir avec des Mugabe (Zimbabwe), Kadhafi (Lybie) ou encore El-Béchir (Soudan). Certains ont peut-être eu leur utilité du temps des indépendances, mais à ce jour, il ne représente plus que les maux dont souffrent les Africains : les erreurs économiques tragiques, les massacres des populations sur base ethnique ou religieuse, et la complaisance avec des mouvements terroristes et islamistes.

L’intitulé même du sommet « Afrique-France », évoque deux choses regrettables. D’abord elle met à égalité un pays (aussi grand et beau soit il) avec un continent. Et ensuite, il donne l’impression d’une homogénéité entre les pays d’Afrique. Ce dernier point est pourtant capital si on veut aider ou comprendre ce continent. Les pays sont extrêmement différents sur leur langue, leur culture, leur religion, les races, etc.. L’exemple sera que si un pays d’Afrique devait représenter les autres à l’ONU ; il y aurait une lutte sans merci entre les pays arabes et les pays d’Afrique noire. Et même si les pays d’Afrique noire l’emportait, il y aurait encore une confrontation entre l’Afrique du Sud, l’Angola, le Nigéria, pour ne citer que ces trois pays qui ont l’ambition d’être des leaders régionaux.

On se souviendra du combat acharné entre l’Afrique du Sud de Mandela et le Maroc du roi Mohamed VI pour organiser la Coupe du Monde de football…

Mais ceci n’est pas de la faute du pouvoir actuel en France, au contraire, on félicitera Sarkozy qui n’est pas un grand amateur de ce genre de grand messe et qui pourtant s’en est bien sorti.

Mais surtout, surtout : ce fut un plaisir de voir que la France a enfin compris l’importance de la société civile au sens large en faisant une bonne place aux entreprises africaines. Ce sommet parallèle qui a mis à l’honneur les entreprises du continent correspond à ce que j’estime être la vraie solution pour toute l’Afrique. Si toute l’aide bilatérale se déversait sur les entreprises (par exemple par des systèmes de microcrédit) on verrait toute une génération se développer, bâtir et investir dans leurs pays et ça limiterait de facto toute velléité d’émigration vers l’Europe. Je sais que nos générations sont prêtes à ce défi.

On peut espérer qu’un jour, cette vérité s’imposera à tous.

 

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