GRECE Vs EUROPE: TROP DE PAYS AUX COMMANDES !

Publié le par NEOAFRICAIN

« L’Union Européenne, quel numéro de téléphone » aurait dit l’autre ?

Le problème de l’Union Européenne pour les décisions politiques et de la Zone EURO pour les questions économiques et financières est sensiblement le même : la gouvernance avec l’assentiment des peuples.

Ces deux ensembles n’ont pas encore tranché entre l’Europe des Nations, incompatible sur le plan économique avec une monnaie commune ; et l’Europe fédérale que rejette la majorité des peuples européens qui craignent pour leur souveraineté. Je suis moi-même souvent partagé entre ces deux dilemmes : il ne faudrait pas que les richesses historiques, culturelles et cultuelles des Etats-nations de la vieille Europe soient fondues dans un magma européen qui n’a ni visage, ni racine et finalement aucune saveur. Les spécificités britanniques, scandinaves, germaniques, latines, slaves, etc. ne devraient jamais être niées au profit d’un nouvel ordre défini par des fonctionnaires européens déracinés de leur terroir d’origine et souvent méprisants face à la longue histoire des Nations européennes. Mais sur le plan financier et économique, il est évident que l’Euro a protégé les économies des pays qui la composent. Comment imaginer que ces mêmes pays auraient pu, seuls, faire le poids face aux pays émergeants que sont le Brésil, la Russie, l’Inde ou surtout la Chine ? La plupart des maux que nous imputons aujourd’hui à l’Euro auraient été décuplés s’il n’y avait pas eu de monnaie commune.

Mais une monnaie commune a besoin de pilotes pour diriger sa politique économique. Il est intolérable qu’à chaque décision importante, le moindre des pays adhérent à la « Zone EURO» puisse tout faire capoter. La décision du Premier Ministre socialiste grec d’organiser un référendum sur les décisions prises la semaine dernière par les Chefs d’Etats et de Gouvernements européens est tout simplement irresponsable. Non pas que les peuples n’ont pas droit à la parole, que du contraire ; mais par l’incertitude qu’elle installe dans le monde dans l’attente de cette éventuelle consultation populaire. Cette décision stupide me fait penser à un pays de l’OTAN qui en pleine guerre annoncerait un référendum populaire sur la tactique à mener ; ou encore à un bateau emporté par une tempête en haute mer qui cesserait de naviguer dans l’attente de nouvelles instructions… Dans ces deux cas, l’incertitude et l’attentisme conduiraient immanquablement à la catastrophe! On peut toujours espérer une réponse sage des Grecs, qui comprendraient leurs propres responsabilités dans la crise (mensonges sur leurs comptes publics, système fiscal déficient, ..), mais le mal est fait !

A quoi servent les Gouvernants si ce n’est pas pour prendre des décisions d’urgence et de première importance ? J’eus approuvé un vote au parlement, ou un référendum après cette séquence de crise, ou même des élections anticipées après coup ; mais le tempo choisi est le pire possible. Décider avec ses collègues européens puis sans prévenir ses partenaires, demander à son peuple si la décision prise était la bonne, est la pire des choses. Dans le monde des affaires ça donnerait lieu à des poursuites commerciales légitimes. Ca révèle une nouvelle fois que les Grands pays ne peuvent mettre leur sort dans les mains de leaders irresponsables. Il est urgent de trouver une réponse adaptée à ces cas.

Enfin, Georges Papandréou, président en exercice de l’internationale socialiste, soutenus par les socialistes français, démontre une nouvelle fois l’absence de caractère et de vision des leaders socialistes d’aujourd’hui. Souvenons-nous que ce sont les mêmes qui depuis des années poussent à l’adhésion de la Turquie dans l’Union Européenne ; et qui face à la crise, préfèrent toujours plus de dépenses et d’impôts, aux réformes nécessaires…

Les heures et les jours qui viennent nous diront si la zone euro et le monde financier auront trouvé une parade à cette énorme faute politique venue de Grèce qui risque d’avoir des conséquences possiblement dévastatrices pour la planète finance. La solution pour la Zone Euro passera certainement par moins de voix pour certains pays et par une plus grande concentration des pouvoirs dans les mains de certains. Pour éviter qu’un modeste socialiste du Pirée puisse prendre le monde en otage…

Commenter cet article