INVESTITURE DU PRESIDENT OUATTARA

Publié le par NEOAFRICAIN

 

Après des mois de violences postélectorales, le Président OUATTARA a officiellement prêté serment à Yamoussoukro, capitale administrative de la Cote d’Ivoire, en présence d’une vingtaine de Chefs d’Etat et de Gouvernements ainsi que du Secrétaire-général des Nations-Unies.  Officiellement donc, la démocratie a repris son cours en Cote d’Ivoire, malgré tous les dégâts que l’apprenti dictateur GBAGBO a pu lui porter ces dernières années. 5 mois après mon premier post sur le sujet, j’avais de quoi me réjouir. Nous les Africains ne devons plus être représentés par de tels individus. Bien-sûr, cette démocratie est encore imparfaite ; il faudra du temps pour que l’Etat ivoirien devienne une « République irréprochable » avec un véritable état de droit, un respect réel des minorités, une franche tolérance entre les nombreuses ethnies et les différentes religions. Mais il faut déjà se réjouir que ce beau pays qui a tant perdu ces derniers temps, se soit engagé sur le chemin qui refera peut-être de lui ce miracle économique d’Afrique de l’Ouest que tous encensaient.

Le plus remarqué des dignitaires présents  à cette cérémonie d’hier, fut sans aucun doute le Président Sarkozy. En faisant le déplacement, le Chef d’Etat français a ainsi souligné combien ce pays était important pour la France, notamment en annonçant le maintien des troupes françaises en Côte d’Ivoire. Cette décision était capitale pour assurer un minimum de sécurité à l’heure où le nouveau pouvoir doit encore affirmer son autorité et pour rassurer les expatriés et les entreprises internationales, si précieux pour l’économie ivoirienne. L’entente parfaite entre les deux Présidents est un  atout pour leurs pays respectifs. Le Président OUATTARA a un allié sûr à Paris pour l’aider à désenclaver diplomatiquement et économiquement son pays auprès de l’Union européenne et aux Nations-Unies entre autres. Dans l’autre sens, la France a un nouveau partenaire ivoirien francophile et très compétent sur les questions économiques et financières.

Seuls quelques irréductibles fanatiques de l’ancien Président Gbagbo n’ont pas compris que les choses avaient changé dans leur pays. Les centaines d’entre eux qui continuent à manifester à Paris contre ce qu’ils estiment être du « néocolonialisme », s’enferment dans un raisonnement autodestructeur et incohérent. Il est plus que temps, en 2011, de cesser de toujours voir dans les maux des pays africains les séquelles du Colonialisme ou les traces d’un éventuel néocolonialisme. La politique de victimisation a déjà montré ses limites. Par ailleurs, je trouve indécentes les manifestations violentes des Ivoiriens vivant en France (et jouissant pour la plupart de la double nationalité française et ivoirienne). Ils sont de ceux qui critiquent la politique française en Afrique de toute façon. Quand elle intervient : elle veut recoloniser le continent. Et lorsqu’elle refuse de s’impliquer : c’est qu’elle est indifférente aux malheurs du monde. Ce ne serait pas excessif de demander un peu de gratitude pour la France, surtout quand on y vit paisiblement de son système social…

La Présidence OUATTARA c’est aussi l’espoir de sortir de cette logique négative, de ne plus parler de vrais ou de faux Ivoiriens et de ne plus faire porter aux puissances étrangères la responsabilité des échecs. Le challenge est important, mais je pense que le nouveau Président a les qualités et les idées pour relever le défi.  

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