BILAN DE SANTÉ : LE PRINTEMPS AMÉRICAIN !

Publié le par NEOAFRICAIN

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Dans le cadre de la réforme du système de santé américain voulu par le Président américain, ce dimanche 21 mars sera symboliquement très décisif. En météo, cette date signifie le début du printemps. Mais à l’instar du tristement célèbre « printemps de Prague », je crains qu’il s’agisse aussi d’un « printemps américain » dont ce si beau pays aura du mal à se remettre.

Ce projet qui a pour but de donner accès aux soins à quelque 30 millions de citoyens américains, coûterait près de 1.000 milliards de dollars à l’économie américaine et créerait des dizaines de nouvelles agences publiques dont on peut déjà imaginer le manque d’efficacité, les coûts de fonctionnement et les scandales de népotisme. Hélas, ce projet gigantesque qui aurait des répercussions durables et potentiellement très désastreuses sur près de 15% de l’Economie américaine, est sur le point d’être voté.

Pourtant l’exemple de systèmes de santé quasi entièrement financés par les Etats comme on le connaît en France devrait servir d’exemple à ne pas suivre pour tous ceux qui sont soucieux des problèmes issus de la dette publique et qui regrettent l’inefficacité et la perversion des grands programmes publiques, pourtant si durement financés par les citoyens.

Le suspense dont on nous parle réside en fait dans la capacité du pouvoir démocrate de mobiliser ses propres troupes autour d’une loi très impopulaire, mais voulue par le Tout puissant « Leader Maximo » américain. Celui-ci craignait tellement un vote défavorable de ses propres députés qu’il a failli utiliser une « astuce politique » pour l’éviter. Heureusement, une levée de boucliers l’a fait reculer sur ce point. Il en est fallu de peu et ça démontre bien à quel genre de Politiciens on a affaire actuellement aux Etats-Unis…

Ce que je trouve étrange aussi pour cette grande démocratie que sont les Etats-Unis, c’est que pour une réforme de cette ampleur le peuple ne puisse pas être directement consulté. En France, on aurait clairement eu un référendum sur le sujet.

Comme d’habitude on notera le contraste entre ce qu’on peut lire sur les sites internet les plus populaires qui sont en majorité favorables à ce « ObamaCare » et la petite minorité (- de 40%) des électeurs américains qui soutient cette réforme.

Dans le brouhaha des commentaires intéressants sur ce sujet, je retiens celui très avisé de cet économiste américain, Walter E. Williams, qui pointe bien la différence que devraient faire les politiciens comme Obama entre les droits et les espoirs, en matière de santé notamment. L’Etat ayant un devoir d’offrir à ses concitoyens un cadre adéquat qui leur permettrait d’avoir une bonne santé, mais sans donner l’illusion ultime que c’est un droit constitutionnel.

Autre opposition à ce projet, et pas des moindres, celle des Evêques américains. Ils ont raison de pointer qu’une nouvelle fois, Obama et la majorité des Démocrates font peu de cas du fait que de l’argent public va être utilisé pour des cas d’avortements et pour promouvoir des valeurs contraires à leur message d’amour et de respect de la vie en général.

Ce refus d’être amalgamé dans un système qui peut aboutir à des pratiques contraires à ce que sa conscience peut tolérer, me permet d’aborder cette réflexion sur la charité chrétienne. En effet, parmi les députés démocrates qui semblent s’opposer à cette réforme, quelques uns y sont attachés. C’est pourquoi ce point est manipulé par les partisans de cette réforme.

S’il est bien-sûr vrai que les valeurs humanistes qui doivent régir la conscience de tout homme de foi doivent le pousser à ne pas laisser son prochain dans la misère (et on considèrera bien entendu que ne pas pouvoir se soigner ou soigner ses enfants est une forme terrible de misère) ; il faut agir de sorte que l’aide qu’on lui apporte soit bien de la charité et que celle-ci soit utilisée à bon escient. La critique des Evêques américains sur les travers de cette loi répond déjà à la dernière question, mais je repose la première : S’agit-il de charité quand c’est le pouvoir qui décide, contre l’avis de la grande majorité de sa population, des actes à poser pour aider autrui ? Je réponds que non ! Je soutiens même que par ce genre de dispositifs, les gens se désintéresseront de plus en plus d’aider individuellement autrui sur des questions de santé et utiliseront cet argument pour ne plus faire preuve de vraie charité. Un des exemples forts est la collecte que les fidèles font lors des messes pour soutenir les projets que l’Eglise leur soumet. Il s’agit d’un acte de charité envers son prochain parce qu’il relève du libre choix. On ne décrète pas la charité !

Je considère en substance que la vraie charité serait de lutter pour que les coûts de la santé (prix des examens médicaux, prix des consultations des professionnels de la santé et prix des médicaments) soient le plus raisonnables pour permettre aux professionnels et aux chercheurs de vivre de leur travail, tout en permettant au plus grand nombre d’y avoir accès grâce à leurs propres revenus, gagnés par leur propre travail. C’est la meilleure façon d’aider les gens et de respecter leur dignité.

Les heures qui viennent seront décisives pour le « rêve américain » qui a toujours permis que l’Homme, avec toutes ses potentialités, soit au centre du système politique et non l’Etat.

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